Face à la baisse des marchés publics du BTP, comment maintenir votre activité ?

Quand le bâtiment va, tout va. Malheureusement, on assiste à une baisse du nombre de marchés publics disponibles depuis quelques années. Si les facteurs de cette chute sont multiples, les conséquences pour votre activité sont loin d'être négligeables. 

 

En Guyane, la Fédération régionale du BTP a alerté récemment sur une chute de 40% de la commande publique sur un an, dans un territoire où elle est un maillon clé pour l'activité du secteur. Ce chiffre peut paraitre spectaculaire mais il illustre surtout une tendance de fond, pas seulement au niveau local. Partout en France, les consultations se raréfient, les chantiers se décalent et les acheteurs publics attendent des arbitrages. Sauf que, pendant ce temps, vous vous inquiétez, à juste titre, pour votre activité.

 

Pourquoi les acheteurs publics achètent moins ?

Un investissement local soumis au calendrier électoral

L'année qui précède les élections locales (municipales, départementales ou régionales) est traditionnellement dynamique en termes d'achat public. L'année du scrutin et plus encore le semestre qui le suit marquent quant à eux un net repli.

Pourquoi ? Parce que les exécutifs locaux s'installent, qu'ils définissent leurs priorités et qu'ils votent leurs premiers budgets. Les élections municipales de 2026 n'ont pas dérogé à cette règle. Une bonne partie des appels d'offres que vous espériez voir sortir au printemps ne sont, pour l'instant, que des lignes en attente d'arbitrage.

 

Des contraintes budgétaires sur les acheteurs publics

Les collectivités portent la grande majorité de la commande publique mais elles font face, depuis quelques années, à une baisse de leurs dotations qui réduit de fait leur marge de manœuvre. La Fédération nationale des travaux publics anticipait dès l'automne 2025 un recul de l'investissement local d'environ 6 % en 2026, avec une baisse plus marquée du côté du bloc communal.

Ces prévisions se retrouvent très concrètement dans les inquiétudes des entreprises du secteur : début 2026, la confiance des entrepreneurs du BTP sur leurs perspectives d'activité était au plus bas depuis 10 ans (hors période COVID).

 

Un recul de la commande publique qui n'est pas uniforme

Si les grands projets d'infrastructure marquent le pas, les opérateurs d'énergie accélèrent leurs programmes d'investissement en 2026. Cette baisse des marchés publics du BTP est donc réelle mais elle marque aussi un glissement vers d'autres types d'appels d'offres.

 

Un marché public peut-il être annulé ou réduit ?

On me pose souvent cette question et la réponse est simple : oui, un marché public peut être annulé ou réduit mais rarement gratuitement. Il existe des mécanismes d'indemnisation pour les entreprises qui sont confrontées à ces aléas.

 

Comment maintenir votre activité auprès des acheteurs publics ?

Utilisez la trésorerie comme levier

Une avance est obligatoire dès que le montant initial d'un marché public dépasse 50 000 euros HT et que son délai d'exécution dépasse deux mois. Ce taux minimal est relevé si vous êtes une PME :

  • 30% pour les marchés de l'Etat
  • 10% pour les marchés des collectivités et des établissements publics administratifs de l'Etat (autres que les établissements publics de santé).

 

Autre règle à connaitre : les intérêts moratoires courent de plein droit dès le lendemain de l'expiration du délai de paiement de 30 jours, sans mise en demeure, auxquels s'ajoute une indemnité forfaitaire de quarante euros pour frais de recouvrement.

Réclamer ces sommes, c'est faire respecter vos droits et cela va vous permettre de sécuriser votre trésorerie.

 

Profitez des opportunités de marchés sans publicité ni mise en concurrence

Ces marchés ne se trouvent pas forcément sur les plateformes d'appels d'offres mais ils existent et se gagnent grâce à votre connaissance des acheteurs publics et de leurs besoins. Dans une période où les grosses consultations se raréfient, ces marchés de gré à gré deviennent stratégiques.

La loi de simplification de la vie économique a d'ailleurs élargi les possibilités, notamment dans les cas d'achat innovant.

 

Pensez au groupement ou à la sous-traitance

Dans les périodes où le nombre d'appels d'offres se raréfie, la concurrence se fait plus rude et vos chances de l'emporter diminuent d'autant. Pour maximiser vos chances de remporter un marché public, l'union peut faire la force !

Un groupement momentané avec d'autres entreprises peut vous permettre de proposer une offre plus complète et de limiter les risques pour votre entreprise.

Vous pouvez également, si vous êtes une TPE ou une PME, proposer vos services en sous-traitance à une société qui candidate sur un appel d'offres conséquent. Là encore, vous augmentez vos chances de l'emporter tout en ne prenant pas tous les risques.

 

Une baisse de la commande publique combine souvent un creux électoral parfaitement prévisible et une contrainte budgétaire qui, elle, ne se résorbera pas d'elle-même.

Vous ne pouvez pas décider à la place d'une commune de rénover son école ou sa voirie. En revanche, vous pouvez vérifier réclamer l'avance à laquelle vous avez droit, faire courir les intérêts moratoires, chiffrer un ajournement plutôt que de l'absorber et contester une réduction de périmètre qui dépasse ce que le contrat autorise.

 

Ce sont des sujets techniques, souvent enfermés dans des délais de quelques semaines et qui nécessitent l'aide d'un avocat spécialisé. N'hésitez pas à solliciter les conseils de Maître Giorno sur ce sujet.

Vous souhaitez aller plus loin sur la commande publique ? Vous pouvez télécharger le guide pratique de la commande publique rédigé par Maître Giorno et retrouver ses conseils sur sa chaîne YouTube.

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